Les années héroïques – Résistance, répression et libération
Détail de l'itinéraire
Description
Les années héroïques – Résistance, répression et libération
Distance :10,5 km
Votre itinéraire
Étape 1 : 65 rue Sarrazine, domicile des résistants Clément et Marie GIRAUD, mouvement “Résistance”

Marie et Clément Giraud sont très tôt animés par la volonté de résister. Dès le 26 juin 1940, ils cachent à leur domicile 3 officiers français et 18 soldats qui ont ainsi pu échapper à la captivité et se réfugier en zone non occupée. Par la suite, ils offrent un refuge à des réfractaires au Service du Travail obligatoire (STO). Clément Giraud rejoint le mouvement “Résistance” et participe à la diffusion du journal éponyme. Marie Giraud appartient au “Service national maquis” (SNM) depuis novembre 1943. La répression s’abat sur ce mouvement en juin 1944. Le 19, la police allemande arrête Marie Giraud, ses filles Simone et Marguerite, tandis que Clément, prévenu par des voisins, parvient à s’échapper. Transférée à Paris Marie Giraud est déportée à Ravensbrück le 30 juin 1944 avec sa fille Simone et Jeanne Gibeault. Elle y est gazée le 5 mars 1945. Une rue de Niort porte son nom.
Étape 2 : 110 rue de Grange, domicile de Lucile Marie GODRIE, Juste parmi les Nations

De février 1943 à la Libération, Lucile Marie Godrie Huteau héberge la famille Bodenheimer, qui a échappé à la rafle du Vel d'Hiv, le père (réfugié allemand), Salomon dit Sadi, la mère (strasbourgeoise), Elvire et deux enfants : Robert (dit Bobby par ses parents) et Renée-Laure. Celle-ci travaille aux établissements "Carrière et Jutarnon", artisans fabriquant de la limonade et autres boissons. Elle se procure ainsi du vin, très rare et rationné, qui sert à “payer” la paix relative laissée par les gendarmes. Bobby va au collège Saint Joseph, où le sous-directeur, le Frère Louis, l’accepte bien que le sachant juif. Il est dispensé d’assister aux messes. Cette situation aurait pu être très dangereuse, l'aumônier du Collège étant celui de la Milice. Lucile Marie Godrie est reconnue Juste parmi les Nations en 2012. (D’après le témoignage de son arrière-petite-fille, Virginie Psaltis).
Étape 3 : 66 rue René Caillié, domicile d'Émile GAURICHON, policier résistant du NAP

Né en 1912 à Couture-d’Argenson (Deux-Sèvres), secrétaire de police à Niort, Émile Gaurichon forme fin 1942 un tandem avec le commissaire antinazi Louis Bernard, devenant son adjoint. Malgré la suspension de ce dernier par Vichy en mars 1943, ils fondent en mai 1943, avec trois policiers patriotes (Baptiste Bascoulargue, Gérard Chaignault, Pierre Goudouneix), un groupe de sécurité de la Résistance, affilié au Noyautage des Administrations Publiques (NAP)-Police, comptant 14 membres début 1944. Copilote de ce groupe, Émile Gaurichon fait de son bureau un poste de combat. En sa qualité de greffier du commissariat et de responsable des cachets, il renseigne les résistants et se spécialise dans la délivrance de faux titres d’identité. Ayant arrêté le préfet vichyste Henri Gomot, il participe à l’installation à Niort du préfet de la Libération René Hudeley.
Étape 4 : 35 rue Saint-Symphorien, domicile d'Hélène et Marcel FAURIAT, réseau GALLIA

Gallia est un réseau de renseignements de la France combattante. En 1943, Jean Schlochow, alias Max, implante à Niort une cellule du réseau, dans lequel s’engagent Hélène et Marcel Fauriat, employé au Service du Cadastre, 35 avenue de Limoges, ainsi que son directeur, Armand Moreau. Ce lieu devient le PC du groupe qui rayonne dans toute la région. Les Fauriat hébergent Max, Hélène tape les rapports, transmis à Londres par un émetteur installé dans les caves du Cadastre. Le 31 mai 1944, Armand Moreau et Haymard, alias Gérard, adjoint de Schlochow ainsi que Marcel Fauriat sont arrêtés au Cadastre. Le 1er juin, Hélène est arrêtée au siège de la Sipo-SD, 12, rue Alsace-Lorraine alors qu’elle amène des vêtements à son mari. Hélène survivra à sa déportation à Ravensbrück, ainsi que son mari et Haymard déportés à Dachau, à l’instar de Moreau à Vaihingen.
Étape 5 : 40 avenue Charles de Gaulle, Centre hospitalier, lieu d’asile et de sauvetages

L’Hôpital est un lieu d’asile où ont été protégés des résistants et des Juifs. Des Juifs raflés en janvier 1944 furent hospitalisés pour empêcher leur déportation. Dans le hall du nouvel hôpital, plaque en hommage au Dr Laffitte (1897-1993), chirurgien et résistant. Il fit conduire Jean Hoyoux, le radio belge blessé, à l’hôpital. Le Dr Pierre Suire (1911-1999) se chargea d’organiser l’évasion de Jean Hoyoux de l’hôpital dans un véhicule « emprunté » aux Allemands avec l’aide de Gustave Souchard, Pierre Ferrand, Edmond Bonneau et Émile Wiard. Ces deux médecins étaient les chefs régionaux du "Comité médical de la Résistance" et les chefs du service de santé de l'Armée secrète (AS) départementale. Dénoncés, arrêtés par la Sipo-SD, ils furent déportés à Dachau. Le Dr Epagneul, responsable du service de santé de la Résistance, arrêté en 1944, emprisonné à Compiègne, fut libéré en août 1944.
Étape 6 : Rond-point Maurice CHIRON, Résistance-Fer

Maurice Chiron, sous-chef du dépôt à la gare de triage de Niort-Romagné, informateur du réseau de renseignement Éleuthère du BCRA de la France combattante, organise dès 1941 la résistance cheminote dans le Niortais. Le “groupe Maurice” multiplie les sabotages malgré la surveillance des agents de la Reichsbahn, détériore le matériel, ralentit le travail, entravant la circulation des convois sur les axes Niort-Saintes-Bordeaux et surtout vers le port stratégique de La Rochelle. Il protège des réfractaires au STO et organise des manifestations patriotiques. À l’origine du mouvement « Résistance-Fer » à Niort, il est le chef du « triangle 31 bis » du « secteur n° 7 » (région Niort-Nord et Niort-Ville) de l’Armée secrète (AS) départementale. La ville de Niort lui a rendu hommage en donnant son nom au rond-point par décision du Conseil municipal du 13 décembre 1996.
Étape 7 : Gare de Niort, stèles en tête du quai A. Plaque du bas.

Les stèles portent les noms de 19 cheminots victimes de la guerre. Parmi eux, des résistants, à l’instar des communistes André Bernardeau, condamné et fusillé à Paris le 5 octobre 1942 ; Eugène Gréau, déporté NN au camp spécial d'Hinzert, probablement condamné par un tribunal spécial de Cologne ou de Breslau, détenu au bagne de Sonnenburg où il décède de maladie le 20 décembre 1943 (médaille de la Résistance) ; Pierre Leroy, mort à Auschwitz le 11 août 1942 (médaille de la Résistance). Alphonse Renaud, résistant gaulliste, déporté NN, meurt à Dora le 3 avril 1945. Sont également morts en déportation Raymond Paquet, le 15 juillet 1944 à Bremen (Brême)-Farge, Kommando de Neuengamme, et Henri Sorin, le 31 janvier 1945 à Neuengamme. Les autres noms sont ceux de cheminots tués par faits de guerre (mitraillage de leurs trains, bombardement du quartier de la gare le 7 juin 1944).
Étape 8 : 25 avenue de Limoges, domicile d'Ernest Pérochon, écrivain et patriote

Ernest Pérochon, né en 1885 dans le hameau de Tiron à Courlay (Deux-Sèvres), instituteur, ancien combattant de la Grande Guerre, est un écrivain consacré par le prix Goncourt en 1920 pour " Nêne ", son troisième roman. Célèbre et sollicité par les collaborateurs, il refuse de contribuer à La Gerbe, journal collaborationniste, et à la radio du régime et de faire une tournée de conférences en Allemagne. Deux de ses romans sont interdits. Il est menacé par le préfet vichyste et surveillé par la Gestapo. Il décède le 10 février 1942 d'une crise cardiaque quelques jours avant ses 57 ans. Des obsèques officielles sont interdites ; des écoliers venus clandestinement avec leur institutrice fleurissent sa tombe. Une stèle à sa mémoire, conçue par le sculpteur Albert Bouquillon (1908/1997), est inaugurée le 18 octobre 1970 dans le square de la Poste. Elle est à présent place du Roulage.
Étape 9 : 32 rue des Trois Coigneaux, refuge clandestin du préfet Hudeley (été 1944)

Arrivé à Niort le 15 mai 1944, le préfet clandestin, René Hudeley, représentant le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), ancien professeur au lycée et conseiller municipal de Niort se cache d’abord dans le Marais puis chez son ami Georges Gaboreau, professeur d'anglais, 32 rue des Trois-Coigneaux. Il y installe sa préfecture clandestine. Grâce aux résistants des PTT, René Hudeley est doté d'un poste téléphonique clandestin qui lui permet d'être en communication secrète avec les principaux responsables de la Résistance. Le 29 août 1944, les Allemands évacuent Niort. Prudent, Edmond Proust, colonel Chaumette, chef des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), composées de l’Armée secrète (AS) gaulliste et des Francs-Tireurs et Partisans communistes (FTP), craignant un retour des Allemands et des représailles, attend une semaine avant de libérer officiellement la ville.
Étape 10 : Place de la Brèche, Fête de la Libération, 6 septembre 1944

Le 6 septembre 1944 est le jour de la Libération de Niort. La foule envahit les rues peu après midi pour assister au grand défilé de la victoire. Les FFI du colonel Edmond Proust, rassemblés à la caserne Duguesclin, traversent le centre-ville et se dirigent vers la préfecture. Là, ils saluent le nouveau préfet, René Hudeley, et le président du Comité départemental de Libération (CDL), Joseph Pineau, puis sur le perron de l'hôtel de ville, Emile Bèche et le nouveau conseil municipal. Gonflé d'une foule de plus en plus nombreuse, le cortège gagne ensuite la place de la Brèche, où retentit La Marseillaise. Conjurant le retour d'un passé honni, la foule fait alors brûler les drapeaux et les insignes laissés sur place par les Allemands, et accueille triomphalement le retour des hommes du triangle 17, qui viennent de livrer le dernier assaut contre les Allemands.
Étape 11 : 40 rue de la Terraudière, Patronage laïque, PC d'Edmond Proust

En septembre 1944, la guerre n’est pas terminée. Au lendemain de la Libération de Niort, Edmond Proust prend le commandement du 114e Régiment d’Infanterie, régiment de tradition des Deux-Sèvres, reconstitué avec des FFI volontaires. Le colonel Edmond Proust-Chaumette installe les bureaux administratifs de son régiment au Patronage laïque réquisitionné. Le 114e va combattre jusqu’en mai 1945 sur le front de la poche de La Rochelle où les Allemands se sont retranchés. Il rejoindra ensuite la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny en occupation à Frankenthal en Allemagne – où le colonel Proust est photographié – avant d’être dissous le 21 octobre 1945.
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