Les années sombres – L’occupation allemande
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Description
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Les années sombres – L’occupation allemande
Distance :10,1 km
Votre itinéraire
Étape 1 : Angle 41 rue Ricard-Place de la Brèche : 22 juin 1940, entrée des Allemands à Niort

Samedi 22 juin 1940, vers 19h, venant de Thouars occupée la veille, les troupes allemandes font leur entrée à Niort, déclarée ville ouverte (non défendue) comme toutes les communes de plus de 20 000h. Des blindés stationnent place de la Brèche, dans une ville submergée par l’exode des réfugiés, notamment des Ardennais. Le pharmacien Pierre Bruneteau dont l’officine est en bas de l’avenue de Paris témoigne : « Ma petite ville de 28 000 habitants vient d’être prise en dix minutes par dix motocyclistes et deux automitrailleuses […] Une foule compacte entoure une chenillette au coin d’[un] cinéma. Un officier allemand, debout dans la voiture, examine une carte routière […] On s’extasie devant le matériel de guerre allemand. […] Quelques excités sont presque réjouis. » Le même jour, l’armistice demandé par Pétain, nouveau chef du gouvernement, est signé dans la clairière de Rethondes.
Étape 2 : 9 av. Jacques Bujault, Hôtel de la Brèche (auj. Best Western) : 1ère Kommandantur (22-28 juin 1940).

Niort est en zone occupée. La Kommandantur est le siège du commandement militaire allemand (Wehrmacht). Niort dépend d’abord de la Feldkommandantur de la Roche-sur-Yon avant de devenir une Feldkommandantur (FK) installée dans les locaux de la Chambre de Commerce, place du Temple. Le Feldkommandant réside 87 rue Chabaudy. La politique allemande consiste à mettre en place une administration de surveillance économe en moyens. L’État français est tenu de collaborer par la convention d’armistice. Pétain et Laval font de la Collaboration la politique officielle de l’État français, en espérant obtenir des concessions du vainqueur. C’est un marché de dupes qui rend le régime de Vichy complice des crimes des nazis. Les Allemands s’ingèrent de plus en plus dans le fonctionnement de l’État français pour combattre la Résistance, déporter les Juifs, piller l’économie, imposer le travail forcé (STO).
Étape 3 : 6 av. Jacques Bujault, siège du Tribunal militaire allemand

Chaque FK dispose d’un tribunal militaire pour juger les individus accusés d’actes préjudiciables aux autorités d’occupation. Il peut dessaisir la justice française, même lorsque celle-ci a déjà rendu son verdict. Dans les premiers temps, les jugements sont rendus par la FK 605 de la Roche-sur-Yon. Les communistes Eugène Poupot, Roger Dejameau et Jean Ravard, déjà condamnés par le tribunal correctionnel de Niort pour avoir peint en juillet 1941 avenue de Paris des slogans antinazis, sont rejugés. Condamnés à la déportation, les deux premiers ne reviendront pas. En 1942-1943, c’est le tribunal de la FK de Niort qui condamne à mort Raymond Gendrot (détention d’armes), Louis Girault (détention d’armes, homologué résistant), Lucien Brun et Léon Jean, deux résistants communistes, et Julien Schutee-Schwarze, un déserteur autrichien de la Wehrmacht. Ils sont fusillés à Chizon de Sainte-Pezenne.
Étape 4 : 12 rue Alsace-Lorraine, Maison dite de la Gestapo (plaque)

Dans chaque ville occupée, les Allemands disposent d’une antenne de leur police politique, la Sipo-SD (Police de sûreté et services de renseignements de la SS) dont la Gestapo (Police secrète d’Etat) est une composante. À Niort, le détachement de la Sipo-SD s’installe dans cette maison, confisquée à la famille Léon d’origine juive. À compter du 1er juin 1942, la direction de la répression en France passe de l’armée (Wehrmacht), jugée trop peu efficace, à la Sipo-SD, dirigée à Paris par le général SS Carl Oberg. Les policiers de la Sipo-SD, peu nombreux, s’appuient sur la police et la gendarmerie françaises, les partis collaborationnistes et sur de très nombreux auxiliaires français appelés VM (Vertrauen Mann, homme de confiance), indicateurs, agents doubles infiltrés dans la Résistance. Cette maison était aussi un lieu de détention et de torture.
Étape 5 : Caserne Duguesclin, place Chanzy

La caserne Duguesclin héberge la garnison allemande. Elle sert aussi de prison, gérée par la Sipo-SD. Les captifs sont enfermés dans des cellules donnant sur la cour intérieure et devant lesquelles une clôture grillagée est installée. Après quelques jours de détention, les prisonniers sont transférés à Poitiers puis déportés. En 1944, lorsque les maquis se développent, des colonnes de répression sont envoyées pour les traquer. L’une d’entre elles est envoyée pour délivrer 16 soldats allemands capturés par les FFI lors des combats de Melle le 13 août 1944. Les 14 et 15, ils capturent des résistants, prennent des otages et assassinent des habitants. Quatre résistants, après avoir été torturés à la caserne, sont exécutés sommairement à Chizon le 19 août, Raymond Kopp, Charles Lainé, Renée Goguelat (Armée secrète), et Camille Gratien (FTP).
Étape 6 : Rue de la Juiverie, débaptisée sur ordre des Allemands.

La rue de la Juiverie indique l’emplacement de l’ancien quartier juif au Moyen Âge. Cette communauté disparut avec l’expulsion des Juifs du royaume par Philippe le Bel en 1306. Les Allemands ordonnèrent de débaptiser la rue et mirent en application en zone occupée une politique antisémite à partir de l’automne 1940. En furent victimes les nombreux Juifs réfugiés à Niort. 9 ordonnances se succèdent. 27 septembre 1940 : définition du Juif et recensement ; 18 octobre et 12 novembre 1940 : recensement des entreprises ; 26 avril 1941 : nouvelle définition et interdictions ; 13 août 1941 : confiscation des postes de radio ; 11 février 1942 : couvre-feu ; 24 mars 1942 : nouvelle définition du Juif ; 29 mai 1942 : obligation du port de l’étoile jaune ; 8 juillet 1942 : interdiction de fréquenter les lieux publics. Vichy y ajoute sa propre législation antisémite applicable dans les deux zones.
Étape 7 : 4 Rue Barbezière, Niort, Deux-Sèvres, domicile de Friedel Kœnigsberg, réfugiée d'origine juive.

Dès 1941, les Allemands procèdent à des arrestations isolées de Juifs. Ainsi Friedel Kœnigsberg, réfugiée juive de nationalité allemande, vendeuse, née le 19 mai 1920 à Berlin, est-elle arrêtée par la Feldgendarmerie le 19 novembre 1941 pour ne pas s'être conformée aux instructions de la Kommandantur de Niort. Incarcérée à la maison d’arrêt de Niort, elle est transférée au camp de la route de Limoges à Poitiers par arrêté du préfet des Deux-Sèvres en date du 5 décembre 1941. En 1942, commence la déportation des Juifs de France vers les centres de mise à mort. Le premier convoi quitte Drancy le 27 mars. Friedel Kœnigsberg est déportée sans retour par le convoi n° 8 parti d’Angers le 20 juillet 1942 à destination d’Auschwitz-Birkenau, via la gare du Bourget-Drancy. Sur les 831 déportés parmi lesquelles 390 femmes, une fillette de 13 ans et 3 nonagénaires, 14 ont survécu.
Étape 8 : 41 Boulevard Main, Maison patronale BOINOT

En 1944, à Niort comme partout en France, les autorités allemandes arrêtent des personnalités. Il s’agit d’intimider la population et de priver la Résistance de cadres potentiels. Le 10 juin, sont arrêtés René Richard, ancien député radical-socialiste ; Félix Lelant, adjoint au maire de Niort et futur maire de Niort après la guerre ; Alexandre Loez, secrétaire général de la Chambre de Commerce ; Joseph Boinot, industriel ; Jean Thorigny, chef de service au Ravitaillement Général ; Roger Gadille, directeur départemental des PTT ; de Beauchamps, ingénieur en chef des Ponts et Chaussés. S’y ajoutent Jacques Sauvé, maire de Coulonges-sur-l’Autize et André Côme, agent d’assurances à Chiché. De Compiègne, ils sont déportés le 15 juillet comme otages au camp de concentration de Neuengamme, puis au camp de Theresienstadt et enfin à Brezany où ils sont libérés par les Soviétiques en mai 1945.
Étape 9 : Stèle à la mémoire des Juifs arrêtés en Deux-Sèvres et déportés

Cette stèle à la mémoire des Juifs arrêtés dans les Deux-Sèvres entre 1941 et 1944 et déportés fut inaugurée le 3 février 2012. Elle est située à proximité du 92 rue des Trois Coigneaux, emplacement d'une manufacture de chaussons aujourd’hui disparue, centre de transit des Juifs des Deux-Sèvres raflés le 31 janvier 1944. La liste comporte 143 noms dont ceux de 33 enfants âgés de 3 à 14 ans. Une nouvelle stèle actualisée verra bientôt le jour, et 153 noms y seront inscrits, dont 78 habitaient Niort. L’extermination des Juifs d’Europe, appelée aujourd’hui la Shoah, a été décidée et perpétrée par les nazis, mais les rafles (9/10/1942 et 31/01/1944) furent accomplies par les autorités de l’État français. En effet, si les Allemands ont arrêté 16 Juifs, 137 le furent par la police et la gendarmerie françaises. Il y eut quatre survivantes, dont Ida Fensterszab [Grinspan] (1929-2018).
Étape 10 : Chizon de Sainte-Pezenne, route de Parthenay (D 743)

Stèle à la mémoire des 9 fusillés par les Allemands, inaugurée le 28 septembre 2019. Le lieu-dit Chizon de Sainte-Pezenne est une vallée sèche à laquelle on accède par un chemin sur la droite de la route départementale 743 en direction de Parthenay. Au sud, une ferme domine la vallée. Le stand de tir fut "créé en 1942 dans la vallée. Cet endroit aménagé spécialement en vue des exécutions se compose : d’un stand de tir recouvert et d’une butte de tir au centre de laquelle a été placé un poteau. Plusieurs tonnes de terre ont été apportées en vue de constituer cette butte qui a 4 m de hauteur sur 10 m de longueur. La distance de tir entre le stand et la butte est de 25 mètres." (Rapport du Commissaire des Renseignements généraux de Niort du 4/11/1945). Les Allemands y fusillèrent neuf personnes, cinq après condamnation en 1942 et 1943 et quatre autres exécutées sommairement le 19 août 1944.
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